Coup de projecteur sur la retraite progressive

Depuis le 1ᵉʳ septembre 2025, la retraite progressive est accessible dès l’âge de 60 ans. Pour chaque génération, des changements notables par rapport aux règles précédentes.

Ce dispositif permet à une personne approchant la retraite de réduire progressivement son activité à temps partiel ou avec revenus réduits tout en touchant une fraction de sa pension de retraite. Concrètement, il s’agit d’un pont entre la vie active et la retraite définitive : continuer à travailler, mais à un rythme allégé, en percevant une partie des droits acquis. 

Pourquoi ce retour à 60 ans ?

Jusqu’à récemment, l’âge minimal pour accéder à la retraite progressive variait selon l’année de naissance : pour certaines générations, il pouvait atteindre 62 ans. Mais à la suite d’un accord national interprofessionnel signé en 2024 et des décrets adoptés en 2025 le seuil est désormais uniformisé : 60 ans pour tous.

Selon les autorités, cette mesure vise à offrir davantage de souplesse aux salariés proches de la retraite, tout en facilitant la transition progressive vers la retraite définitive une option particulièrement pertinente en cette période de débat sur l’emploi des seniors.

Qui peut en bénéficier et sous quelles conditions ?

L’accès à la retraite progressive n’est pas automatique pour tous : il faut remplir plusieurs conditions, même en ayant 60 ans :

  • Avoir validé au moins 150 trimestres tous régimes confondus. 
  • Réduire son activité professionnelle : en pratique, pour un salarié, travailler entre 40 % et 80 % d’un temps plein. 
  • Continuer parfois à cotiser, ce qui permet de ne pas « bloquer » la retraite définitive, même si le rythme de travail est allégé. 
  • Le montant de la pension versée est proportionnel à la réduction d’activité : par exemple, si l’activité est réduite de moitié (50 %), la pension correspondante sera aussi réduite à 50 %. 

Pourquoi ce dispositif intéresse-t-il à la fois les salariés et les employeurs ?

Pour le salarié, la retraite progressive offre une transition en douceur entre le travail à plein temps et la retraite. Elle permet de réduire le rythme de travail, de maintenir un revenu partiel, de continuer à cotiser, tout en entamant le versement d’une pension de retraite utile pour alléger la baisse de revenus qui accompagne souvent le passage à la retraite.

Pour l’employeur, c’est un instrument intéressant de gestion des effectifs et des compétences : cela lui donne le temps de préparer la relève, d’organiser la transmission du savoir-faire, tout en gardant une main-d’œuvre expérimentée à temps réduit.

Ce que la retraite progressive n’est pas et les limites à connaître

Au moment de quitter la vie professionnelle, trois options se présentent souvent : la retraite définitive, le cumul emploi-retraite et la retraite progressive. La première marque une rupture nette : le salarié cesse toute activité et perçoit sa pension dans son intégralité. Le cumul emploi-retraite, lui, permet de reprendre un travail après avoir déjà liquidé sa retraite. Selon que le retraité remplit ou non les conditions du taux plein, il pourra cumuler librement ses revenus ou rester soumis à un plafond. Enfin, la retraite progressive offre une transition plus douce : le salarié réduit son temps de travail, touche une partie de sa pension tout en continuant à cotiser, et voit sa retraite recalculée au moment de l’arrêt total. Trois dispositifs, trois rythmes différents pour aborder la fin de carrière.

De plus, l’employeur peut refuser la réduction du temps de travail envisagée bien que son silence pendant deux mois après la demande soit réputé comme accord tacite. Enfin, la pension perçue sera proportionnelle à la quotité de travail : ce n’est donc pas forcément une égalité de revenus, mais un compromis entre maintien d’une activité et accès progressif à la retraite.

Pour qui ce changement est-il le plus pertinent ?

La mesure s’adresse en priorité aux salariés proches de la retraite, qui souhaitent adoucir la transition entre travail et retraite éviter un arrêt brutal, alléger progressivement la charge de travail, tout en maintenant un revenu partiel. Elle peut convenir à ceux qui anticipent des contraintes physiques, ou souhaitent consacrer plus de temps à leur famille ou à d’autres projets.

Elle peut aussi intéresser les personnes désireuses de continuer une activité réduite, sans pour autant renoncer totalement au métier ou à l’emploi, tout en amorçant le versement d’une pension, ce qui peut améliorer la gestion financière de la fin de carrière.

Côté entreprises, c’est un levier pour anticiper les départs, organiser la relève, transmettre des compétences, stabiliser l’équipe tout en offrant aux seniors un dispositif plus flexible et respectueux de la fin de carrière.

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