Partir en vacances quand on est aidant : comment s’organiser sans culpabiliser ?

L’été arrive, et avec lui une question que beaucoup de salariés aidants n’osent même pas se poser vraiment : est-ce que j’ai le droit de partir ? Derrière cette hésitation se cache souvent un mélange de culpabilité, d’inquiétude pour le proche et d’épuisement accumulé. Pourtant, se ressourcer n’est pas un luxe : c’est une nécessité. Et des solutions existent pour partir sereinement, sans laisser son proche sans accompagnement.

Pourquoi le repos de l’aidant est aussi important que l’aide apportée

Un aidant épuisé est un aidant moins disponible, moins attentif, parfois moins bienveillant, malgré lui. L’épuisement de l’aidant est l’une des premières causes de dégradation de la qualité de l’aide apportée, et l’une des principales raisons des entrées non planifiées en établissement. Prendre du recul n’est donc pas un abandon : c’est un investissement dans la durée de l’accompagnement.

La culpabilité, elle, est presque universelle chez les aidants qui partent en vacances. Elle mérite d’être nommée pour ce qu’elle est : une réaction émotionnelle compréhensible, mais pas un indicateur fiable de la réalité. Avoir besoin de repos ne signifie pas qu’on aime moins son proche. Cela signifie qu’on est humain.

Les solutions de relais pendant l’absence

Plusieurs dispositifs permettent d’assurer la continuité de l’accompagnement pendant les vacances de l’aidant. Le plus connu est l’accueil temporaire en établissement : la plupart des EHPAD et des structures médicalisées proposent des séjours de court séjour, de quelques jours à plusieurs semaines, pour des personnes habituellement maintenues à domicile. Ces séjours peuvent être financés en partie par l’APA, selon le plan d’aide du proche.

Pour les personnes moins dépendantes, l’accueil de jour renforcé ou l’hébergement chez un accueillant familial agréé constituent des alternatives moins médicalisées, souvent mieux vécues par le proche lui-même. Certaines associations proposent également des séjours de vacances adaptés, accompagnés de professionnels, permettant au proche de partir lui aussi, dans un cadre sécurisé et stimulant.

Enfin, le renforcement temporaire des interventions à domicile, en augmentant les heures d’auxiliaire de vie pendant la période d’absence, peut suffire dans les situations de dépendance modérée, à condition d’être organisé suffisamment à l’avance.

Anticiper : la clé d’un départ sans stress

Le principal écueil des aidants qui souhaitent partir est de s’y prendre trop tard. Les places en accueil temporaire sont limitées et très demandées en juillet-août. Les démarches auprès du Conseil départemental pour mobiliser l’APA sur un séjour temporaire prennent du temps. Il est conseillé d’entamer les recherches au moins deux à trois mois avant la date de départ souhaitée.

Avant de partir, un passage de relais soigneux s’impose : transmettre aux intervenants les informations médicales essentielles, les contacts d’urgence, les habitudes et préférences du proche. Un document simple, préparé à l’avance, peut éviter bien des angoisses à distance.

Le droit au répit : un droit reconnu, encore mal connu

Depuis 2016, le droit au répit des aidants est officiellement reconnu par la loi d’adaptation de la société au vieillissement. Concrètement, il se traduit par une enveloppe financière annuelle dédiée au répit, intégrée dans le plan d’aide APA pour les situations les plus lourdes. Ce dispositif reste très peu activé, faute d’information, alors qu’il peut couvrir plusieurs centaines d’euros de frais de relais.

Partir en vacances quand on est aidant n’est pas une question d’égoïsme. C’est une question de soutenabilité. Ceux qui tiennent sur la durée sont ceux qui ont appris à souffler.

Chez Cleriam, nous accompagnons les salariés aidants dans l’organisation de leur répit : identification des solutions de relais, mobilisation des aides financières disponibles et coordination des démarches. Parce qu’un aidant qui se ressource est un aidant qui dure. Contactez-nous pour préparer sereinement votre été.

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