L’entrée en EHPAD est l’une des décisions les plus lourdes qu’une famille soit amenée à prendre. Pour le proche aidant, souvent salarié, elle représente une charge administrative importante doublée d’une charge émotionnelle que l’on minimise trop souvent. Pourtant, bien accompagnée, cette transition peut devenir un moment de soulagement pour le proche comme pour l’aidant.
Une décision rarement simple
Il n’existe pas de « bon moment » pour envisager une entrée en EHPAD. Elle survient
généralement après une longue période d’aidance à domicile, souvent à la suite d’une chute, d’une aggravation de la maladie ou d’un épuisement de l’aidant. Dans bien des cas, la décision est prise dans l’urgence, sans avoir pu être préparée sereinement.
Le salarié aidant se retrouve alors à gérer simultanément ses responsabilités professionnelles, les démarches administratives liées à l’admission, et une culpabilité parfois paralysante. Car même lorsque l’entrée en établissement est la solution la plus adaptée, elle est rarement vécue sans ambivalence.
Les démarches concrètes à anticiper
La recherche d’un établissement ne s’improvise pas. Les délais d’attente peuvent atteindre plusieurs mois, voire plusieurs années dans certaines régions. Il est donc conseillé d’entamer les démarches bien en amont, dès que la perte d’autonomie devient significative.
Plusieurs étapes structurent cette transition. La première consiste à évaluer le niveau de
dépendance du proche grâce à la grille AGGIR, qui détermine son GIR (Groupe Iso-Ressources) et conditionne l’accès à l’APA, l’Allocation Personnalisée d’Autonomie. Cette évaluation est réalisée par une équipe médico-sociale du Conseil départemental.
Il faut ensuite identifier les établissements adaptés au profil du proche en fonction du budget : EHPAD public, privé à but non lucratif ou privé commercial, ou en fonction de la pathologie, et déposer des dossiers d’inscription sur plusieurs listes d’attente simultanément. Le coût mensuel d’un EHPAD varie considérablement selon l’établissement et la région, entre 1 500 et plus de 4 000 euros. Des aides existent : l’APA, l’aide sociale à l’hébergement (ASH) versée par le département, ou encore l’APL pour les établissements conventionnés.
La dimension émotionnelle, souvent sous-estimée
Au-delà des dossiers et des démarches, l’entrée en EHPAD engage une relation familiale
profonde. Pour le proche qui entre en établissement, c’est un déracinement : quitter son
domicile, ses habitudes, ses repères. Pour l’aidant, c’est un sentiment mêlé de soulagement et de culpabilité, parfois difficile à assumer.
Il est important de nommer ces émotions plutôt que de les contenir. Impliquer le proche dans les choix autant que possible, visiter ensemble les établissements, lui laisser apporter des objets personnels, maintenir des visites régulières, contribue à préserver son sentiment de dignité et de contrôle. Du côté de l’aidant, échanger avec d’autres personnes ayant vécu cette situation, ou bénéficier d’un espace d’écoute, peut considérablement alléger la charge mentale.
Le rôle de l’entreprise dans ce moment charnière
Un salarié qui traverse l’entrée en EHPAD d’un proche ne disparaît pas émotionnellement au bureau. Les démarches, les appels téléphoniques, les visites à organiser débordent inévitablement sur la sphère professionnelle. Reconnaître cette réalité, proposer des aménagements temporaires ou simplement faire preuve de bienveillance peut faire une différence considérable.
Chez Cleriam, nos conseillers accompagnent les salariés aidants à chaque étape de cette transition : recherche d’établissements, constitution des dossiers, orientation vers les aides financières et soutien émotionnel. Parce qu’un salarié bien accompagné traverse ces moments plus sereinement, et reste un collaborateur engagé.
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